Hommage à Gil Fiorletta, Maire de Montdauphin depuis 1995

légende photo : Visite de Mme Annick Girardin, Ministre de la fonction publique le 19 juin 2016

 

Vous trouverez ci-après l’hommage prononcé par Joël Giraud, député des Hautes-Alpes et Rapporteur général du budget, lors des obsèques de Gil Fiorletta, maire de Montdauphin, tenues ce jour en l’église de la cité Vauban.

 

Gil,

Je me souviens avec émotion de ta 1ère élection dans ce fauteuil de maire, lorsque je te faisais éclater de rire en te disant que tu étais le 1er objecteur de conscience à être élu gouverneur militaire. Ce sourire malicieux qui ne te quittait jamais et qui était ta marque de fabrique. C’était une plaisanterie car tu n’étais pas vraiment objecteur, mais un vrai adepte de la liberté de conscience, avec ce recul nécessaire qui s’inscrit dans un effort historique de l’humanité pour mieux circonscrire le pouvoir des autorités, même si tu en étais devenu une.

Avec ton look qui te faisait ressembler à un Václav Havel rural, même clope au bec, tu n’étais pas le président philosophe mais le maire potier, à la recherche de la création du beau avec rien ou pas grand-chose, et surtout avec un matériau très simple, la terre.

Et que ce soit dans ton métier ou dans ta fonction de maire, tu faisais preuve de cette patience infinie que reconnaissait Jacques à Job dans le livre éponyme, lui qui affirmait « Souviens-toi que tu m’as façonné comme de l’argile ». Est-ce là aujourd’hui le symbole de notre présence à tous, dans cette église qui restera à jamais inachevée.

En tous cas, il faut se souvenir en ce jour d’un bâtisseur, si heureux quand cette commune qui n’avait plus que 59 âmes dans les années 70 avait dépassé le cap des 100 habitants dans les années 2000, si joyeux en 2008 de l’inscription de ta cité au patrimoine de l’Unesco, à laquelle tu avais tant contribué avec ton équipe, en toute discrétion, toujours à la recherche d’un mieux-être ou plutôt d’un mieux-vivre ensemble. C’est pour cela qu’on t’aimait, c’est pour cela qu’on t’aime. Aujourd’hui nous sommes là pour toi mais aussi et surtout pour Nicole et ta famille. Vers où es-tu parti ? Parti de notre regard c’est tout. Car tu restes avec nous, au creux de ces pierres façonnées par Vauban. Il n’y a pas de morts. Il y a juste des vivants sur les deux rives.

Et ton message Gil s’adresse aux vivants.

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