Joël Giraud : « Je veillerai à ce que la méthode pour faire des économies ne soit pas punitive ! »

Publié le 08/09/2017 • Par Cédric Néau • dans la Gazette des communes

Chiffres-clés

Joël Giraud est député depuis 2002 sous l’étiquette du PRG. Il a été réélu pour un 4e mandat sous l’étiquette LREM. Il a déjà siégé à la commission des finances lors de la mandature 2012-2017, durant la moitié de son mandat. Il occupe le poste de rapporteur général du budget qu’il devrait céder à son collègue Laurent Saint Martin (LREM, Val-de-Marne) à mi-mandat. Il a été maire de L’Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes, 2300 hab.) de 1989 à 2017.

Le gouvernement semble avoir évolué sur la méthode de réduction des dépenses des collectivités de 13 milliards d’euros d’ici 2022 ?

La piste étudiée est un gain de PIB plutôt qu’une économie de 13 milliards d’euros sur cinq ans stricto sensu. Il s’agit de faire baisser la hausse tendancielle des dépenses jusqu’en 2022 en quelque sorte ! C’est bien moins sévère. Je connais bien les collectivités pour avoir été maire durant 28 ans. Emmanuel Macron ne souhaite pas baisser des dotations, même s’il a ainsi préparé les esprits des collectivités à s’engager réellement dans une baisse des dépenses.

Il n’est pas dans une logique punitive et je veillerai à ce que la méthode choisie ne le devienne pas. C’était davantage le cas avec la majorité précédente et on connait le résultat : l’investissement a été bloqué, tandis qu’un sentiment d’inquiétude s’est amplifié dans les collectivités.

Ne pensez-vous pas que la réforme de la taxe d’habitation ne provoque les mêmes sentiments ?

Il faut en effet être très clair sur nos objectifs. La réforme de la taxe d’habitation doit être clarifiée, j’y perds un peu mon latin en ce moment…

Vous avez été élu vice-président du Comité des finances et de la gestion publique locales. Ce n’est pas commun pour le CFL d’avoir le rapporteur du budget comme vice-président. Pourquoi cette volonté ?

Il y a deux méthodes : soit on se cache de ce genre d’instances et on applique une politique sans s’en soucier, soit on y siège et on opère un rapprochement pour mieux expliquer et faire comprendre cette politique à tout le monde. Je préfère la seconde méthode, quitte à prendre des coups.

Par ailleurs, il y a beaucoup de travail à faire au CFL. L’Observatoire par exemple reflète assez mal la réalité financière des collectivités car elle est très différente d’une strate à l’autre et même à l’intérieur de ces strates.

J’ai par exemple entendu lors de la présentation du rapport de l’Observatoire des finances locales, Anne Hidalgo, maire (PS, ndlr) de Paris dire qu’elle est « à l’os ». C’est difficile à dire quand on sait dans quelle situation sont certaines communes rurales et particulièrement celles de montagne qui ont de très grandes contraintes naturelles pesant de façon très importante sur leurs budgets.

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